Un client qui ne paie pas, c’est de la trésorerie en moins. Pour une PME ou une TPE, un seul impayé important peut suffire à déséquilibrer un exercice entier. Et plus vous attendez, plus vos chances de récupération s’effondrent : les études sectorielles montrent qu’une créance non réclamée perd environ 10% de sa valeur recouvrable chaque mois.
La bonne nouvelle, c’est que le droit français offre un arsenal efficace pour récupérer les sommes dues — à condition d’agir vite et de choisir la bonne procédure. Ce guide urgence vous explique comment réagir, étape par étape, pour maximiser vos chances de récupérer votre argent.
Les premiers réflexes à avoir dès le premier retard
Trop de dirigeants laissent passer plusieurs mois avant de réagir à un impayé, par peur de perdre le client ou par manque de temps. C’est une erreur stratégique : plus le retard s’installe, plus la situation se fige.
Dès le premier retard de paiement, adoptez ces trois réflexes :
Relancer immédiatement par écrit. Un simple e-mail ou un courrier suivi, sans ton menaçant, rappelant la facture impayée et sollicitant un règlement sous 8 jours. Dans 60 à 70% des cas, une simple relance suffit à débloquer un oubli administratif.
Rassembler tous les éléments de preuve de la créance : facture signée ou acceptée, bon de commande, bon de livraison, e-mails d’acceptation, CGV applicables. Plus votre dossier est solide, plus la procédure sera rapide si elle devient nécessaire.
Vérifier la santé financière du débiteur. Un contrôle sur les registres publics (Infogreffe, BODACC) permet de détecter d’éventuelles procédures collectives en cours ou des inscriptions de privilèges. Si le débiteur est en difficulté, chaque jour compte.
La mise en demeure par avocat : l’arme dissuasive préalable
Si la relance amiable n’aboutit pas dans les 15 jours, la mise en demeure par avocat est l’étape charnière. Elle cumule trois effets juridiques décisifs :
Elle formalise juridiquement votre créance et démontre votre volonté de récupérer les sommes dues. Un courrier d’avocat a un poids psychologique bien supérieur à une relance directe du créancier.
Elle constitue le point de départ des intérêts légaux, qui courent automatiquement à compter de sa réception. Pour les créances commerciales, le taux applicable est celui de la BCE majoré de 10 points (soit environ 12-13% selon la période), auquel s’ajoute l’indemnité forfaitaire de 40 euros pour frais de recouvrement.
Elle est obligatoire avant toute action judiciaire, conformément aux exigences du Code civil et du Code de procédure civile.
En pratique, une mise en demeure bien rédigée par un avocat suffit à résoudre environ 40 à 50% des impayés. Le débiteur comprend que l’affaire devient sérieuse et privilégie souvent un règlement amiable à une procédure judiciaire coûteuse et publique.
Choisir la bonne procédure judiciaire selon votre situation
Si la mise en demeure n’aboutit pas, il faut saisir le tribunal pour obtenir un titre exécutoire — seule clé permettant d’engager ensuite des saisies. Trois voies principales existent, chacune avec ses avantages et ses délais.
L’ordonnance d’injonction de payer : rapide et peu coûteuse
C’est la procédure la plus utilisée pour les créances certaines, liquides et exigibles (c’est-à-dire non contestables sur leur principe ou leur montant). Elle présente plusieurs avantages :
- Rapidité : une ordonnance peut être obtenue en 3 à 6 semaines
- Coût maîtrisé : frais de procédure réduits
- Simplicité : procédure non contradictoire (le débiteur n’est pas entendu au départ)
Mais attention : si le débiteur forme opposition dans le mois suivant la signification de l’ordonnance, l’affaire bascule en procédure contradictoire classique, avec tous les délais que cela implique. L’injonction de payer est donc idéale pour les créances non contestées, mais moins pertinente si un litige est prévisible.
Le référé-provision : la procédure d’urgence
Le référé-provision est la procédure à privilégier quand la créance est solidement documentée et qu’il n’existe aucune contestation sérieuse possible. Devant le juge des référés du tribunal de commerce ou du tribunal judiciaire, vous obtenez en 1 à 3 mois une décision exécutoire par provision.
C’est particulièrement efficace pour les impayés de factures entre professionnels, les loyers commerciaux impayés ou les honoraires contractuels non réglés. Le référé permet aussi d’engager immédiatement les mesures d’exécution, sans attendre.
L’assignation au fond : pour les dossiers complexes ou contestés
Quand la créance est contestée sur son principe ou son montant, ou que le dossier mêle plusieurs demandes (dommages-intérêts, résiliation de contrat, nullité), l’assignation au fond devant le tribunal de commerce ou le tribunal judiciaire est la voie obligatoire.
Elle est plus longue (6 à 18 mois en première instance) et plus coûteuse, mais permet un traitement complet du litige avec un vrai débat contradictoire. C’est souvent la procédure adaptée aux litiges commerciaux importants ou aux rapports de forces déséquilibrés.
Les mesures conservatoires : protéger votre créance pendant la procédure
Un risque majeur du recouvrement judiciaire est que le débiteur organise son insolvabilité pendant la procédure : transferts d’actifs, fermeture d’entreprise, dissimulation de biens. Obtenir un jugement favorable ne sert à rien si, au moment de l’exécution, le débiteur n’a plus rien à saisir.
C’est pourquoi le droit offre des mesures conservatoires permettant de bloquer préventivement les biens du débiteur :
La saisie conservatoire permet de bloquer des comptes bancaires, des créances ou des biens mobiliers, sur simple autorisation du juge en cas de circonstances rendant votre créance « menacée ». Elle agit immédiatement et empêche la dissipation des actifs.
Le nantissement judiciaire peut porter sur un fonds de commerce, des parts sociales ou un immeuble. Il crée une sûreté de premier rang au profit du créancier.
L’hypothèque judiciaire provisoire inscrit une garantie sur les biens immobiliers du débiteur, qui ne pourra plus les vendre sans purger votre créance.
Ces mesures sont souvent sous-utilisées alors qu’elles représentent une sécurité décisive. Elles doivent être demandées dès que la solvabilité du débiteur semble fragile.
L’exécution forcée : saisies et voies d’exécution
Une fois le titre exécutoire obtenu (jugement, ordonnance d’injonction de payer, ordonnance de référé), il devient possible d’engager des mesures d’exécution forcée. Ces mesures sont mises en œuvre par un commissaire de justice (nouvelle dénomination des huissiers), sur instructions de votre avocat.
La saisie-attribution sur compte bancaire est la mesure la plus efficace et la plus rapide. Le commissaire de justice signifie une saisie à la banque du débiteur, qui bloque immédiatement les sommes disponibles. Le débiteur dispose d’un mois pour contester.
La saisie-vente de biens meubles concerne le mobilier, le matériel professionnel, les stocks, les véhicules. Le commissaire de justice dresse un inventaire, puis les biens sont vendus aux enchères si le débiteur ne régularise pas.
La saisie-attribution sur rémunération (pour les débiteurs personnes physiques) permet de prélever directement sur les salaires, dans la limite du barème légal qui préserve un minimum vital.
La saisie des parts sociales ou des fonds de commerce est possible pour les créances importantes, sous certaines conditions.
Que faire si le débiteur est insolvable ?
C’est le cauchemar du créancier : obtenir un jugement favorable sans pouvoir l’exécuter faute de biens saisissables. Plusieurs situations peuvent se présenter :
Si le débiteur est en procédure collective (sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire), vous devez impérativement déclarer votre créance auprès du mandataire judiciaire dans un délai de 2 mois à compter de la publication du jugement au BODACC. Passé ce délai, votre créance est forclose et ne pourra plus être recouvrée. Le cabinet peut vous assister pour cette déclaration, indispensable même si les chances de récupération sont limitées.
Si le débiteur est insolvable sans être en procédure collective, il faut évaluer l’opportunité de continuer ou de provisionner la créance en perte. Une veille peut être mise en place pour relancer l’exécution si la situation du débiteur s’améliore (héritage, reprise d’activité).
Si le débiteur a organisé son insolvabilité frauduleusement, des actions spécifiques existent : action paulienne pour faire annuler les actes frauduleux, action en responsabilité contre les dirigeants. Ces recours sont complexes mais parfois très efficaces.
Agir vite avec un avocat spécialisé en recouvrement
Le recouvrement de créances est une matière technique où chaque jour compte et où le choix de la bonne procédure conditionne l’efficacité de l’action. Un avocat spécialisé évalue rapidement votre dossier, identifie la voie la plus pertinente, agit avec les délais optimaux et coordonne les actions avec les commissaires de justice.
Le cabinet de Maître Amara, avocate en droit des affaires à Tremblay-en-France, accompagne PME, commerçants, professions libérales et bailleurs dans toutes les phases du recouvrement : de la mise en demeure dissuasive jusqu’aux mesures d’exécution forcée. Notre approche privilégie toujours la voie amiable quand elle est possible, et mobilise des procédures rapides et ciblées quand elle ne l’est plus.
Un client ne vous paie pas ? Contactez le cabinet sans attendre pour une évaluation rapide de votre dossier. Plus vous agissez tôt, plus vos chances de récupération sont élevées.

À propos de l’auteure
Maître Dalenda Corinne AMARA
Avocate au Barreau de Seine-Saint-Denis depuis 1994, Me Amara accompagne les PME, commerçants, professions libérales et pharmaciens d’officine en droit des affaires. DEA Paris I Panthéon-Sorbonne, DJCE Rennes I. Plus de 30 ans d’expertise au service des entrepreneurs d’Île-de-France.
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Questions fréquentes.
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